2023-02-09

Contribution de aide cameroun, dans l'appréciation des activités menées sur l’intégrité des paysages de mangroves dans le parc national douala-edéa

Contribution de aide cameroun, dans l'appréciation des activités menées sur l’intégrité des paysages de mangroves dans le parc national douala-edéa | Appui aux Initiatives de Développement - AIDE Cameroun

Les écosystèmes de mangroves sont connus pour leur très grande richesse en diversité biologique et le rôle important qu’ils jouent aussi bien sur le plan économique qu’écologique. Ainsi les populations exploitent les ressources de mangroves pour plusieurs raisons d’une zone à une autre. Les activités comme l’exploitation illégale du bois destiné au fumage du poisson et à la construction, l’expansion des plantations agroindustrielle, le braconnage, l’agriculture, la croissance ont joué un rôle majeur dans la perte progressive du couvert des forêts de mangrove.

Résumé

Le présent document est élaboré par Appui aux Initiatives de Développement (AIDE) dans le cadre de la mise en œuvre du projet Appui à la gestion intégrée des paysages de mangroves dans le Parc National de Douala-Edéa (AGIPAM). 

 

Les écosystèmes de mangroves sont connus pour leur très grande richesse en diversité biologique et le rôle important qu’ils jouent aussi bien sur le plan économique qu’écologique. Ainsi les populations exploitent les ressources de mangroves pour plusieurs raisons d’une zone à une autre. Les activités comme l’exploitation illégale du bois destiné au fumage du poisson et à la construction, l’expansion des plantations agroindustrielle, le braconnage, l’agriculture, la croissance ont joué un rôle majeur dans la perte progressive du couvert des forêts de mangrove. 

 

Cette étude a permis d’identifier dans l’arrondissement de Mouanko les villages Yoyo 1, Yoyo 2, Youmè2, Bolondo, Mombo et Mbiako comme étant de grands foyers  des mangroves où sont menées les activités du projet. Dans une approche participative en collaboration avec les groupes d’acteurs présents dans le parc les activités du projet sont menées dans ces villages.

 

 

Synthèse des activités menées au sein du PNDE

Les principales activités menées dans le parc national de Douala-Edéa, sont : la pratique de la pêche, l’exploitation du bois (chauffage, fumage, construction), l’extraction du sable, le fumage de poisson, la chasse, le coquillage, l’exploitation pétrolière. À ceux-là s’ajoutent : la multiplication des voies d’accès dans le parc pour la collecte des PFNL ou du bois, le développement du tourisme dans les mangroves, des pressions externes qui sont dues à la présence des grandes plantations agro-industrielles dont les superficies sont en continuelle évolution aux alentours du parc.

 

L’activité de pêche demeure la plus pratiqué et occupait 60% de la population du PNDE en 2010. Il faut noter que plus de ¾ des produits issues de cette activités sont fumés par les femmes de manière artisanale qui font usage du bois de mangrove à l’état frais, localement appelé matanda (Tchindjang et al., 2010). Ensuite nous avons l’agriculture qui est de deux ordres, l’agriculture paysanne pratiquée par les populations locales et l’agriculture industrielle pratiquée aux alentours du parc par des entreprises agroindustrielles.

 

Dans le parc national de Douala-Edéa l’exploitation du bois dans les écosystèmes de mangrove demeure une activité importante pratiquée autant par les hommes que par les femmes. En plus des activités suscitées, nous avons le braconnage, l’exploitation des produits forestiers non ligneux (PFNL) et le coquillage ou exploitation des coquilles d’huitres qui constituent des activités importantes pour les populations du parc. À ces activités s’ajoutent le petit commerce et l’extraction de sable qui constituent pour ces populations des sources de revenus.



Synthèse des causes de la déforestation et dégradation des mangroves

De cette analyse de l’état des lieux, en s’inspirant de la littérature et des échanges avec quelques acteurs rencontrés, il ressort que les causes de déforestation dans le PNDE sont l’exploitation anarchique du bois à but commercial, l’exploitation agricole artisanale à petite échelle par les populations locales et à grande échelle par les sociétés agroindustrielles. Les facteurs de dégradation des forêts de mangrove recensés quant à eux sont le braconnage, l’exploitation artisanale du bois de chauffe, l’exploitation des PFNL et la croissance démographique.

 

L’exploitation du bois de mangrove qui est une espèce ligneuse très prisé par les populations urbaines et riveraines du PNDE peut être classé en deux catégories. L’exploitation du bois d’œuvre d’une part et d’autre part l’exploitation de bois destiné au chauffage. Le bois coupé majoritairement par les migrants est vendu en ville pour servir de perches, de poteaux dans les constructions urbaines, au Cameroun et au Nigeria. Une partie de ce bois est également utilisé par les pêcheurs pour la construction ou réparation de leurs embarcations. Cette activité d’exploitation du bois quelque fois effectué par des scieurs en cachette dans le par cet à l’aide d’une scie à moteur est une activité ravageuse qui pèse sur les paysages de mangrove du PNDE. La coupe du bois destiné au chauffage est une activité pratiquée par les hommes mais aussi par les femmes pour la construction des claies de fumage du poisson et pour le fumage proprement dit. Ainsi, à cause de toutes ces sollicitations, le commerce de bois entre les villages et tout le long de la côte va grandissant (ENVIREP, 2012). 

 

L’agriculture au sein du PNDE occupe une partie importante de la population qui pratique l’agriculture itinérante sur brûlis. Cette forme de culture bien qu’à petite échelle détruit et transforme  le couvert forestier des mangroves. La proximité des plantations agro-industrielles d’hévéa et de palmier à huile gérées par de grandes sociétés telles que la SOCAPLAM, la Société Anonyme de Fermes Agricoles du Cameroun (SAFACAM) et les FERMES SUISSES entrave considérablement la protection des écosystèmes du PNDE.

 

Le braconnage est une activité menée par les populations locales dans la clandestinité soit à l’aide d’un fusil ou des pièges, entrainant la perte de la biodiversité entrainant également la destruction des habitats naturels.

De plus  nous avons les causes comme la croissance démographique qui s’est accentué ces dernières années du fait des déplacés internes dû à la crise qui sévi dans les parties anglophone du pays. 

 

 

Diagnostic des zones à forte pression anthropique

La présentation des  facteurs ou causes recensé ci-dessus a permis d’élucider l’influence des actions anthropiques sur les paysages des mangroves du PNDE. De ce fait la coupe illicite et abusive des palétuviers serait plus accentuée dans les villages à fort potentialité de fumage du poisson. Une étude menée par Feka et collaborateurs en 2009 portant sur l’utilisation durable des mangroves par l’alternative des foyers améliorés pour le fumage du poisson a permis de relever que les populations des villages Yoyo 1, Yoyo 2 et Mbiako sont les grands utilisateurs de bois de mangroves. En effet la grande majorité (plus de 70% de la population) de la population dans ces localités sont des immigrants, qui pour la  plus part ont pour principale activité la pêche par les hommes et le fumage des poissons par les femmes. Plusieurs autres villages sont également connus comme des grands foyers de mangrove, tels que Youmè 2, Mombo et Bolondo. Les mangroves des villages Youmè 2 et Mombo sont aussi surexploitées par les populations locales à des fins diverses. L’exploitation des mangroves du village Bolondo par les populations serait encore à ses début d’où l’importance d’une sensibilisation à l’exploitation durable des ressources dans cette localité. 

 

Conclusion

Les mangroves du parc national de Douala-Edéa représentent un écosystème d’une importance capitale tant sur le plan économique, écologique, culturel que biologique. Cependant les activités menées par les populations qui consistent en des prélèvements des ressources naturelles entrainent de fortes pressions sur ses ressources et accélère ainsi la dégradation de cet écosystème. Parmi les nombreuses  activités  recensées, les causes de déforestation et de dégradation qui ont été identifiées les principales sont les suivantes :

  • La coupe abusive et non réglementée du bois de mangrove pour  combler la demande sans cesse croissante de bois pour le fumage de poisson et en bois de construction dans les zones urbaines environnantes ;

  • L’expansion des plantations agro industrielles ;

  • La croissance démographique accentuée par les déplacements internes et des pays voisins

Il faut noter que le niveau de dégradation et de déforestation constaté dans le parc varie d’une zone à une autre et est fonction de la densité de la population dans les villages ou de la proximité d’un village aux palétuviers mais aussi de l’accessibilité. C’est ainsi qu’à l’issu de l’analyse on a constaté que les villages tels que Yoyo 1, Yoyo 2, Youmè2, Bolondo, Mombo et Mbiako sont de grandes zones d’exploitation des mangroves et donc les zones d’intérêt du projet.

 

Ainsi, ressort de cette analyse de l’état des lieux que le paysage de mangroves du parc national de Douala Edéa, dans l’arrondissement de Mouanko ont pour principales causes de dégradation, les activités anthropogènes. Le projet AGIPAM, par ses activités à savoir : sensibiliser les population sur la gestion durable des mangroves, reboiser des sites dégradés et proposer aux populations des activités génératrices de revenus afin de réduire la pression exercée sur les ressources et en collaboration avec les acteurs locaux.